Månadsarkiv: Juli 1914

21-07-1914 Eitingon à Freud

55 Den

B[Erlin], den 21 Juli 1914en

Kära Professor,

skulle det vara bekvämt för dig om jag kom på 28 Juli (mardi) i Karlsbad? Väntar på ditt svar, jag hälsar dig hjärtligt., såväl som de som är dig kära

Yours M. Eitingon

en. Vykort, adresserad till Karlsbad (Bohême), villa Fasolt.

20-07-1914 Ferenczi à Freud

490 Järn

INTERNATIONAL JOURNAL OF MEDICAL PSYCHOANALYSIS Redigerad av professor Dr Sigm. Freud Schriftleitung : Dr, S. Ferenczi, Budapest, VII Elisabethring 54/ Dr. Otto Rank, Wien IX/4, Simondenkgasse 8 Verlag Hugo Heller & C °, Wien, 1. Halva nr. 3

Abonnementspreis : alla (6 Hefte, 36-40 Bogen) KARLSSON 21.60 = MK. 18.

Budapest, den 20 Juli 1914

Kära Professor,

Je suis très heureux que vous ayez supporté cette armée difficile avec si peu de fatigue, et que vous vous sentiez poussé au travail sans interruption. Vous débarrasser de Jung signifiait pour vous le retour à votre mode de travail initial : prendre tout en main vous-même et ne pas vous reposer sur les « collaborateurs ». La devise « Après moi le déluge * 1 » semble être la seule valable en matière de science ; depuis l’épisode Jung, vous avez cependant souvent péché contre cette maxime et vous avez souvent été sentimental avec nous. Si vous comparez votre état d’esprit au début du voyage en Amérique (je vous rappelle votre indisposition à Brème)2 à celui de maintenant, vous comprendrez la différence à laquelle je pense. L’es­sentiel reste quand même que nous obtenions de vous le plus d’écrits possible et, à cette fin, c’est l’indépendance qui vous est le plus indispen­sable. Cela me console de la perte qui, parmi les autres collaborateurs, pourrait m’affecter moi aussi, par suite de ce changement de cap. Les intérêts personnels mesquins doivent être réduits au silence quand il s’agit de valeurs aussi importantes. Säkert, je dois beaucoup aux relations per­sonnelles avec vous et à l’intérêt que vous portez à mes progrès, mais ce dont je vous ai été, et vous suis le plus reconnaissant, ce sont tout de même vos œuvres qui ont embelli ma vie et ma profession.

Je viens juste d’écrire à Jones et je lui ai annoncé mon arrivée à Londres dans la première semaine d’août. Pour accepter son hospitalité, j’ai posé comme condition la poursuite de l’analyse. J’espère que l’analyse mettra au jour les motifs latents de ses intentions3.

Avant mon départ pour l’Angleterre, je voudrais passer deux-trois jours dans les Tatras, où la famille Palos, augmentée des pièces rapportées, italienne et canadienne 4, prendra sa résidence d’été. – C’est aujourd’hui la première fois que je pense au voyage de vacances avec joie ; l’absence

de notre réunion d’été (pour la première fois depuis 1908) semble m’avoir tout de même déprimé plus que je ne voulais me l’avouer.

Cordiales salutations pour vous et votre épouse, från

din Ferenczi

J’écrirai à Reik dès que j’aurai en main le fascicule de la Zeitschrift.

* I franska i texten.

  1. Attribué à la marquise de Pompadour après la défaite des Français à Rossbach par Frédéric de Prusse.
  2. Voir t.1, 349 F och notera 4.
  3. Freud ayant refusé un voyage de vacances en commun, parce qu’il avait besoin d’isolement et de concentration, disait-il (Freud Jones, brev från 22 VII 1914), Ferenczi forma le projet de passer un mois à Londres. Jones, qui « percevait encore en lui-même quelques points obscurs qu’il ne parviendrait pas à analyser tout seul », écrivit à Freud, den 29 Juli 1914, qu’il remerciait le destin de cette occasion de parfaire son analyse. Mais finalement Ferenczi n’effectua pas ce voyage (utsikt 493 Järn).
  4. Il s’agit des sœurs de Gizella Palos : Sarolta Morando, d’Italie (Se t. Jag, 145 Järn) et une autre sœur, Slona, installée au Canada avec son mari (utsikt 497 Fer et 623 Järn).

18-07-1914 Freud à Ferenczi

F

Prof.. Dr Freud

Karlsbad, den 18 Juli 1914 ETT Wien, IX. Berggasse 19

Kära vän,

Vous vous étonnez certainement de tout le temps dont je dispose à Karlsbad, pour écrire. Mais c’est la première fois que je suis ici sans être dérangé, sans les Emden ; je passe la journée très agréablement avec ma femme, et je reste tout de même encore assez frais et dispos pour travailler. Je suis effectivement en train d’écrire un article technique (1), pas sans impor­tance de surcroît ; mais la lettre d’aujourd’hui est entièrement consacrée aux problèmes de la rédaction.

Avant tout, réjouissez-vous d’apprendre que vous êtes autorisé à rayer Maeder de l’en-tête de la Zeitschrift. Les autres aussi bientôt, Jag hoppas 2 ! Selon le rapport d’Abraham, il n’y a pas de doute : nous serons débarrassés de tous. Les lettres qui circulent vous apprendront la suite.

D’autre part, dans le numéro de la Zeitschrift arrivé aujourd’hui, je remarque quelques fautes de style pour lesquelles je vous prie de tirer les oreilles du coupable — Reik. Il m’a sérieusement demandé de le critiquer toujours avec la plus grande rigueur. Vous pouvez donc tranquillement vous réclamer de moi. Je pourrais le lui écrire moi-même, mais je préfère suivre la voie hiérarchique. C’est un bon garçon, mais il ne doit pas se laisser aller à une telle vulgarité B.

en) Dans le compte rendu de Reik concernant Schmidt, p. 389 3, on lit (en bas) : « Depuis quand de tels sentiments paraissent-ils quasi normaux à Monsieur le Conseiller ? » Nous devons nous abstenir d’un ton aussi familier, tout particulièrement envers nos adversaires, surtout maintenant que la polémique va devenir inévitable.

[Barré] : p. 391, tout en bas, un « Schnoferl » * pas tout à fait digne. [Sous-entendu :] Là je me suis trompé.

Idem au feuillet 33.

b) J. H. Schultz4 : La ψα. Entièrement manqué dans le ton, presque une dénonciation. Pourquoi un tel non-sens ne se trouverait-il pas dans un journal de littérature théologique ?

c) Pfister à qui dites-vous cela ** ? A rayer absolument, c’est une incon­gruité juive! Sec, plutôt ironique! Plus loin, la parenthèse «(Ce n’est cer­tainement pas le motif d’adhésion aux théories de Jung ?) ». Une insinua­tion, là où il faudrait dire de façon plus digne : Nous voulons espérer que ce n’est pas là le motif

d) Windelband. Här, je critique seulement un manque de clarté. Est-ce Wind.[elband] lui-même ou quelqu’un d’autre qui prononce les phrases citées ? (« exprimait » est incompréhensible)5.

Du förstår, je suis d’avis que la rédaction s’occupe énergiquement des rapporteurs, de leurs bons usages autant que de leur bon esprit.

Très cordialement, din Freud

ETT. A la main, au-dessus du texte pré-imprimé.

B. Le long de la marge gauche, en haut de la feuille, écrite au crayon de la main de Ferenczi, la note suivante : «J’ai écrit à Reik, dans l’esprit de Freud, et je lui ai demandé la rectification des passages en question. »

* Schnoferl, terme viennois intraduisible : moue de mécontentement et de bouderie d’un petit enfant qui s’apprête à pleurer.

** I franska i texten.

1. "Minne, répétition et élaboration » (Freud, 1914g, Rank à Freud, 23 VII 1914). A cette époque, Freud manifesta aussi un grand intérêt pour les problèmes techniques, en se proposant de parler des « Aspects de la technique psychanalytique » au congrès projeté (brev från 26 VII 1914, Freud/Abraham, Korrespondens, op. cit., p. 190).

2. Parmi les personnes figurant sur la couverture de la Zeitschrift en 1913, les noms des collaborateurs permanents suivants furent supprimés en 1914 ; Alphonse Maeder et Franz Riklin de Zurich, Leonhard Seif de Munich. Voir également la lettre de Freud à Abraham du 18 VII 1914 {op. cit., p. 188).

3. Theodor Reik (Se t. Jag, 251 F, notera 3), analyse de l’ouvrage de Willi Schmidt, Inzestuöser Eifersuchtswahn (Délire incestueux de jalousie), 1914, tidskrift, 2, p. 389.

4. Johannes Heinrich Schultz (1884-1970), psychiatre et psychothérapeute allemand. Pro­fesseur à léna à partir de 1919, directeur de l’Institut de psychothérapie de Berlin à partir de 1936 ; inventeur du training autogène. Il publia un article sur la psychanalyse intitulé « Die Psychoanalyse», dans Theologische Literaturzeitung (17Januari 1914). Pfister lui répondit, dans la même revue, par un article intitulé « Psychoanalyse und Theologie », den 6 Juni 1914. Det bör, dans sa note de lecture analysant ces deux articles, a critiqué Schultz pour « la banalité et l’absurdité de ses arguments » (tidskrift, 1914, 2, p. 474) ainsi que Pfister, pour «la faiblesse et la pauvreté de sa défense ». L’expression : « à qui dites-vous cela ? » ne se trouve plus dans le texte imprimé. Voir également la lettre de Freud à Reik du 24 VII 1914, in Trente Ans avec Freud, trad. Evelyne Sznycer, Bryssel, Complexe, 1975, p. 100-101.

5. T. Det bör, analyse critique de Windelband, « Die Hypothese des Unbewussten » (L’hypo­thèse de l’inconscient), tidskrift, 1914, 2, p. 476. Wilhelm Windelband (1848-1915), philosophe allemand, représentant du néo-kantisme, se fit surtout connaître par l’introduction d’une distinction entre sciences nomothétiques et sciences idiographiques. Son livre, Lehrbuch der Geschichte der Philosophie (Manuel d’histoire de la philosophie, 1892), était un ouvrage de référence dans les pays germanophones.

18-07-1914 Freud till Abraham

* Karlsbad, villa Fasolt

18.7.14.

Kära vän,

Jag kan inte undertrycka ett jubel. Så här är vi av med dem! Vi kommer att återge deras manifest av indignation i nästa Korrespondenzblatt, där du kan, Jag hoppas, besluta i frågan som sista ordförande.

Vänligen se bifogade två bokstäver : ett uttalande från Putnam samt ett brev från Maeder, WHO, som den han riktade till dig, kommer också att förbli obesvarade. Tidningen kommer mycket gärna att avvisa inte bara Maeder, men även Riklin, Seif och de andra. Så min bomb hade effekt. Men det är lägligt att ditt cirkulär har nått sin destination. Så vi får en bra kongress igen.

Så kom när du vill. Jag måste se hur jag kan organisera arbetet. Dessutom, Jag vet inte alls om jag vill jobba. Det var desto svårare för mig att vägra dig eftersom jag i början hade föreslagit att vi skulle spendera hela sommaren tillsammans., vid en tidpunkt då jag ännu inte planerade att jobba under semestern. Det sena mötet förklaras av planen att visa min fru Lago Maggiore, början av september.

Var inte rädd för att fortfarande ofta störa mig under min behandling.. Sådana nyheter är bra.

Ta emot mina hjärtliga hälsningar och tack.

Din Freud.

17-07-1914 Freud à Ferenczi

488 F

Prof.. Dr Freud

Karlsbad, den 17 Juli 1914 ETT Wien, IX. Berggasse 19 Villa Fasholt, Schlossberg ETT

Cher Ami,

Så då, här är vi igen nära de varma källorna, njuter av värmen och regnet när de presenterar sig, och jag kan observera hur effekterna på tarmfunktionen alltid överförs till det resulterande förhållandet med pengar (1). Den här gången, Jag känner inte brytningen med det förflutna lika tydligt som vanligt, Jag tänker tillbaka på jobbet och jag började studera Macbeth 2, som har stört mig länge, utan att jag har kunnat hitta lösningen förrän nu. Udda, Jag gav upp Macbeth till Jones för flera år sedan, och nu tar jag tillbaka det, på något sätt. Det är mörka krafter på spel här. Annerl telegraferade, här, att hon hade kommit fram säkert till Southampton och att hon förväntades av Ernest Jones. Jag passade på att omedelbart förklara för honom min ståndpunkt i denna fråga., eftersom jag inte ska veta något om det och jag vill inte förlora det kära barnet på grund av en uppenbar hämndaktion, bortse från allt det, rationellt, vittnar om motsatsen. Jag tror att Loe också kommer att titta som en drake 3.

I ett brev i förrgår, Pfister 4 försäkrar mig oväntat att han räknas till oss och att han är redo att gå med i wiengruppen om Zürichborna genomför den reträtt de planerar5. Så här är några första nyheter och det är bra. Brevet cirkulerar och kommer att nå dig inom kort.

Annars, Naturligtvis, inget nytt. Jag ska snart ta mig an några mindre tekniska tester 6, För zeitschriften.

Med mina hjärtliga hälsningar, din Freud

ETT. Handskriven, ovanför och under den utskrivna rubriken.

  1. Se "Karaktär och anal erotik" (Freud, 19086), i Névrose, psykos och perversion, trad. fr. D. Guétineau, Paris, PUF, 1972, p. 143-148.
  2. I Drömtolkningen (1900en, Paris, PUF, 1973), Freud hade kort nämnt Macbeth ; senare, han samlade material om detta ämne (Freud Jones, 31 X 1909), men då, skrev han till Jones : "När det gäller Macbeth, ämnet är reserverat för dig » (6 XI 1910). Emellertid, det var inte Jones, men Ludwig Jekels som skrev en psykoanalytisk studie om Macbeth ("Shakespeares Macbeth", Imago, 5, 1917-1919, p. 170-195). Se även Freud, 1916d, "Vissa typer av karaktärer identifierade av psykoanalytiskt arbete", Jag : Undantagen, II : De som misslyckas inför framgång, Iii : Brottslingar ur skuldmedvetenhet, i Disturbing Strangeness och andra uppsatser, trad. B. Feron, Paris, Galvete, coll. "Kunskap om det omedvetna", trad. Nouv., 1985, p. 136-172. Passagen om Lady Macbeth och Macbeth : p. 149-158.
  3. Om Anna Freuds resa till England, Se t. Jag, 483 F, notera 7. Jones hade funderat på att be om Annas hand, Freud skriver till honom, den 22 Juli 1914 : "Tack så mycket för din vänlighet mot min lilla flicka. Du kanske inte känner henne tillräckligt bra.. Hon är den mest begåvade och anmärkningsvärda av mina barn., dessutom, utrustad med en karaktär av sällsynt kvalitet. Hon vill bara lära sig, att se alla typer av kuriosa, vill lära sig och förstå världen. Hon ber inte om att bli behandlad som en kvinna, hon är fortfarande långt ifrån att uppleva sexuella känslor och är snarare avvisande mot män. Mellan henne och mig, det är uttryckligen underförstått att hon inte kommer att överväga äktenskap eller några steg i denna riktning förrän hon är två till tre år äldre. Jag tror inte att hon bryter mot denna konvention. » Jones äktenskapsförslag till Anna — som inte kommer att bli framgångsrik – nämns kort av Elisabeth Young-Bruehl i hennes verk Anna Freud, trad. Pierre Ricard, Paris, Payot, 1991, p. 59-62.
  4. Inget brev (till och med opublicerad) av Freud-Pfister-korrespondensen, mellan 11 Mars 1913 och den 9 Oktober 1918, har inte bevarats.
  5. Schweiziska analytiker hade redan meddelat att de inte skulle delta i kongressen som planerades till september i Dresden (brev från 26 VII 1914, Freud/Abraham, Korrespondens, Paris, Galvete, coll. "Kunskap om det omedvetna", 1969, p. 190. Jones, II, p. 181-182). En stor del av dem har gått med i Jungs grupp, Swiss Society of Psychoanalysis grundades inte förrän 24 Mars 1919.
  6. Nämligen, de två sista artiklarna om den terapeutiska tekniken mellan 1911 och 1915, publicerades i november 1914 och i januari 1915 dans la Zeitschnft : "Minne, repetition och bearbetning (1914g) och "Observationer om överföringskärlek" (1915en [1914]), i psykoanalytisk teknik, trad. ETT. Berman, Paris, PUF, 1970 (1981), p. 105-115 och 116-130.

17-07-1914 Jones till Freud

17 Juli 1914

69 Hamn, London

Käre professor Freud,

J’ai été réellement très heureux d’apprendre le rétablissement de votre belle-sœur, tant dans son intérêt que pour la liberté que cela vous rend dans vos projets de voyage. J’espère que vous aurez maintenant tout le repos dont vous avez besoin à Karlsbad, afin que vous soyez de nouveau frais et dispos en septembre.

Je suis allé à la rencontre de votre fille hier (1), imaginant qu’elle avait dû passer par Hambourg, et je l’ai trouvée en pleine forme, très satisfaite du petit voyage. Je les ai accompagnées, elle et son amie, car elles devaient parcourir une route compliquée à travers la campagne, avec plusieurs changements de train, etc.. Elle me dit que vous avez été scandaleusement surmené ces derniers temps ; j’espère que, l’an prochain, vous ferez montre de plus de modération dans votre ardeur au travail, car ce doit être très épuisant.

La lettre de Bleuler m’a paru, dans l’ensemble, très satisfaisante, et très caractéris­tique ; je l’ai adressée à Abraham. J’attends avec impatience la Traumdeutung. Je ne l’ai pas lue depuis la sortie de la dernière édition, ce qui fait pour moi un long intervalle, et je serai ravi de l’occasion de me rafraîchir la mémoire sur diverses questions aussi bien que d’étudier les ajouts(2).

Eder a mal réagi à la « cuiller tranchante », la jugeant « méprisable, indigne de vous, manquant de générosité envers le travail précieux accompli par Jung », etc.. – ce qui est un exemple typique de jugement affectif. Sa tendance est clairement au compromis en la matière, mais il a des sympathies pour Jung sur le plan religieux et il est pris dans une curieuse rébellion antisémiteun fatras de complexes personnels.

Rank me dit que Ferenczi va venir à Londres, mais je n’ai pas eu la moindre nou­velle de celui-ci ; il a du mal à prendre la plume et ne répond habituellement qu’au second stimulus.

Avec mes tout meilleurs vœux

Bien affectueusement à vous

Jones.


1. Anna Freud.

2. Freud (1900 en), 4och ed. 1914.

16-07-1914 Abraham till Freud

* Berlin W, Rankenstraße 24

16.7.14.

Kära Professor,

C’est une bonne chose que nos lettres ne se soient pas croisées une fois de plus. C’est avec grande satisfaction que j’envisage la perspective du prochain retrait des Suisses (1).

La lettre de Bleuler que Jones m’a fait parvenir aujourd’hui me rappelle les derniers temps passés à Burghölzli, Jung éloigné de l’association : c’est sans doute là une passerelle qui peut nous ramener Bleuler. Avez-vous pris garde à la dernière phrase?

Je crois que Bleuler voudrait qu’on l’incite à reprendre la tête en Suisse. Nous l’inviterons tout de même au congrès; nous verrons bien ce qui se passera. Son ralliement compenserait à la face du monde tous les torts qu’a pu nous causer le schisme.

Pour l’affaire Pfister en revanche, je suis d’un avis tout à fait opposé au vôtre, käre professor!

J’attends avec impatience les dernières révélations concer­nant la sexualité de l’enfant!

Än 10 eller 12 jours, et je file.

Få, du och din fru, les bien cordiales salutations de votre

Karl Abraham.


(1) Se rapporte à Jung et à ses partisans.

13-07-1914 Freud à Ferenczi

F A

den 13 Juli 1914

Villa Fasholt B, Schlossberg.

Freud

ETT. Carte postale de Karlsbad, apparemment sans texte, med, seulement, la signature de Freud. L’original manque dans les microfilms et aussi parmi les lettres en possession de la Bibliothèque nationale autrichienne à Vienne. Il n’en existe qu’une transcription dactylogra­phiée par Michael Balint.

B. Selon la transcription dactylographiée de Michael Balint.

10-07-1914 Freud till Abraham

* Wien, IX, Berggasse 19

10.7.14.

Kära vän,

Je viens de passer deux semaines qui ont été les plus chargées de l’année et j’ai bien résisté. Je remarque que le brin de sym­pathie que mes amis me témoignent à l’occasion de la « bombe » me fait tout de même beaucoup de bien. Encore aucune réaction de Zurich! Vous ai-je proposé d’attendre jusqu’au 20 pour envoyer votre circulaire?

Lou Salomé m’a envoyé une correspondance qu’elle a eue avec Adler — on y voit en toute lumière la pénétration et la clarté de Lou, mais aussi la perfidie et la bassesse d’Adler; avoir affaire à une telle canaille!… Parfois Casimiro en perd aussi son courage.

L’Interprétation des rêves est arrivée aujourd’hui et elle vous parviendra bientôt.

Nous ne pourrons commencer à travailler aux exposés prévus pour Dresde que si nous sommes sûrs des non-Suisses. Si la fameuse bande est là, nous ne dirons pas un mot. L’éjaculation précoce me paraîtrait être alors un thème très appro­prié. Traitez la question de castration seulement dans la mesure où elle vous aura paru utile. Pour moi, le moment de la publi­cation n’est pas encore venu. Les choses se sont compliquées, étendues, et par là éloignées de leur solution, de sorte que je vous demande de faire preuve vous aussi de réserve, dans l’intérêt même de la prudence.

J’ai eu des aperçus sur l’organisation originaire de la toute première sexualité humaine [den Uraufbau der menschlichen Frühsexualität] ; je vous les joindrai plus tard. Mais pour le moment, après un travail de 12 till 13 heures par jour pendant deux semaines, je suis incapable de faire une synthèse et je désire vivement des vacances.

En espérant que les vôtres se trouveront maintenant très bien au bord de la Baltique.

Din hjärt ägnade

Freud.