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Jacques Lacan: Revue neurologique de Paris

[Jacques Lacan], Présentation de MM. L.Marchand, A.Courtois et Lacan à la Société clinique de médecine mentale. Publié dans la Revue Neurologique, Paris, Masson et Cie, 1929, 2° semestre 1929, p. 128, les Annales Médico-Psychologiques, Paris, Masson et Cie, 1929, II, p. 185, l’Encéphale, Paris, G. Doin et Cie, 1929, p. 672., Date: 17 juin 1929, Medium: Texte/HTML, Quality: NA, Size: 7K bytes, Collected by aejcpp

Eine Beziehung Zwischen einem Symbol und einem Symptom

Traduction: Eric Legroux, Christine Toutin-Thélier, Mayette Viltard, in L’UNEBEVUE, printemps/été 1997: »Une relation entre un symbole et un symptôme » , Supplément gratuit au no 8/9). Transciption établie par Espaces Lacan. NOTA: version bilingue allemand et français, face à face. [Eine Beziehung Zwischen einem Symbol und einem Symptom]

31-12-1914 Ferenczi à Freud

526 Fer

Papa, le 31 décembre 1914

Cher Monsieur le Professeur,

Or donc, rendons hommage à l’ancestrale magie de la pensée et sou­haitons-nous mutuellement une heureuse nouvelle année. Si, en plus du métapsychique, cet usage magique avait un fond métaphysique ou physique, alors le vœu collectif de tant de millions de malheureux et de mécontents devrait, cette fois, se condenser en un formidable pouvoir qui écarterait tout obstacle sur le chemin de la paix. Espérons que, même sans l’aide de telles forces occultes (qui, malheureusement, ne se manifestent nulle part), l’épuisement matériel et mental de toutes les parties conduira bientôt à l’entente. Rétrospectivement, je dois relever comme le plus précieux des événements personnels de l’année écoulée les quelques semaines d’analyse chez vous. Malgré son caractère incomplet, je remarque tous les jours qu’elle a été capable de changer, dans une certaine mesure, ma disposition nettement névrotique depuis quelques années. Ce facteur personnel aug­mente encore – si c’est possible — la gratitude que je dois de toute façon au créateur de la psychanalyse.

Lors de notre dernière rencontre outre la vigueur de votre esprit et votre fécondité, mon propre comportement, aussi, m’a fait plaisir ; la spon­tanéité et l’absence de gêne dans ma relation avec vous sont sûrement un succès du mode d’expression analytique.

Vous êtes sans doute plus exposé que moi aux événements extérieurs qui nous attendent. C’est que vous devez veiller sur l’œuvre de votre vie et sur votre famille ; pour ma part, je n’ai toujours pas atteint les options définitives * — malgré mon âge – et suis encore profondément pris dans le juvénile — pour ne pas dire l’infantile. Peut-être cette juvénilité chronique retient-elle un peu de vieillir prématurément ; elle empêche à coup sûr de remplir son devoir personnel et social.

Laissons ces ruminations ! je reprends les formules magiques et souhaite à tous ceux qui vous sont chers tout ce qu’il y a de mieux pour l’année qui vient.

Recevez les salutations cordiales et reconnaissantes de

votre affectueusement dévoué, Ferenczi

J’enverrai le manuscrit2 lorsque la poste sera moins chargée. J’ai reçu la nouvelle Théorie sex.[uelle] et vous en remercie.


* En latin dans le texte : definitivum.

  1. Les 20 et 21 décembre, Ferenczi avait rendu visite à Freud, à Vienne (Freud à Abraham, 21 XII 1914, lettre inédite, au musée Freud de Londres [désormais : FM]).
  2. Il s’agit peut-être de l’article sur « Le rêve de la colonne de sel » mentionné dans les lettres précédentes.

30-12-1914 Freud à Abraham

* Vienne IX, Berggasse 19

30.12.14.

Cher ami,

Je suis très peiné d’apprendre que vous n’êtes pas encore rétabli et que votre femme passe par la même épreuve. Nous vivons en des temps où il faudrait avoir au moins la santé. Chez nous l’épidémie familiale a pris fin, mais Ernst doit garder le lit à Klagenfurt avec une grave angine dont il ne se remettra sans doute que lentement. On ne peut évidemment rien faire pour lui. D’après sa lettre d’aujourd’hui, bien qu’encore fiévreux, il a regagné la caserne.

L’impuissance et la misère ont toujours été ce que j’ai le plus haï, et je crains bien que toutes les deux ne nous menacent en ce moment.

Deuticke m’a fait savoir qu’il ne voulait pas publier de Jahrbuch en 1915, étant donné qu’il n’a pas pu envoyer encore celui de 1914- Il dit que toute son activité est réduite, et il se réclame de l’exemple d’éditeurs allemands réputés qui ont suspendu en grand nombre toute publication pendant la durée de la guerre. C’est bien ce que je pensais quand j’ai appris vos inten­tions dans votre avant-dernière lettre.

De Heller, nous ne savons encore rien; nous n’avons d’ail­leurs rien d’autre à attendre.

Quand vous viendrez ici — je suis content que vous n’y ayez pas renoncé — vous pourrez, bien entendu, vous entretenir longuement avec D. Je réserve pour cette bonne occasion toutes mes informations sur les découvertes faites par Rank à propos d’Homère. Mon propre travail est à l’arrêt. Je n’ai pu venir à bout de certaines difficultés et, du fait de mon humeur, les découvertes que j’ai faites jusqu’ici ne me donnent plus autant de plaisir. Par suite de cette aliénation je me demande souvent avec perplexité à quoi je peux bien être bon. Le premier remède à appliquer est évidemment celui qu’on recommande en ce moment à tous : patienter et tenir bon.

Jones m’écrit inlassablement sur le même ton; je ne sais si mes réponses l’atteignent.

Peut-être recevrez-vous la Théorie de la Sexualité avant cette lettre.

Je vous souhaite à tous une très prompte guérison.

Votre cordialement dévoué

Freud.